03 janvier 2007

Le mot " ntsoma"

Le mot « ntsoma »

Nous travaillons aujourd’hui sur le mot ntsoma qui n’a rien avoir avec ntsoma « bagarre ou coup de point» dans les autres parlers et utsoma « somnoler » en shingazidja. Ntsoma signifie « instruction » dans le parler de la Grande Comore. Ce mot est une dérivation nominale du verbe usoma qui veut dire lire et apprendre. Grammaticalement, il est possible de créer d’autres verbes ou noms à partir de celui-ci sans s’écarter totalement du sens littéral. Il suffit donc de rajouter un préfixe, infixe ou suffixe pour obtenir d’autres mots. Nous avons alors msomo (instruction) ayant comme nom pluriel misomo ou masomo. Ce dernier nom ne suit pas les normes des classes nominales des langues bantoues. Les linguistes avancent la règle selon laquelle tout nom commençant par le préfixe m doit avoir comme marque du pluriel le préfixe wa s’il désigne une personne (mlimadji/walimadji) ou le préfixe mi s’il s’agit d’une partie du corps ou d’une chose. (mlima /milima; mhono/mihono). Mais comme dans toute langue il existe un régionalisme linguistique, on entend prononcer souvent dans certaines régions masomo au lieu de misomo.
Comme toute langue, le comorien nous offre la possibilité de former notre conjugaison. Dans la phrase suivante : « yemwana hasomo (l’enfant a lu ou a appris), nous avons exprimé le passé accompli en shingazidja.
Quand il s’agit de l’action du maître ou professeur qui dispense un enseignement à un public donné, nous aurons usomesa qui veut dire ( faire lire ou faire apprendre ) en d’autre terme, enseigner.

Si dans nos discours on est amené à exprimer une possibilité de réaliser une chose, on remplace le suffixe sa du verbe usomesa par ha pour obtenir usomeha ( peut être lu ou lisible) et ya pour former usomeya ( lire pour). Il arrive d’employer la forme passive dans nos expressions; nous aurons donc les verbes usomwa ( être lu), usomewa ( avoir lu pour) et usomesiwa ( avoir été enseigné par). La réflexion verbale en comorien se caractérise par l’insertion de l’infixe dji entre le préfixe infinitif et le radical verbal. Nous aurons alors udjisoma, udjisomesa et udjisomeya. Si la personne qui parle exprime une habitude, on emploie la particule do qui se place entre le pronom sujet et le verbe. C’est l’exemple de Ali hadosomesa isabu. La réciprocité quant à elle s’exprime par le rajout du suffixe na. Nous avons alors usomesana et usomeyana.


SAID Soilihi est linguiste et auteur de l'ouvrage: " Pratique de la conjugaison du comorien " chez les éditions kalamu des îles. Date de parution: 20 janvier 2007.Collections-Kalamu-1.gif

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