18 novembre 2006
ARTISTES COMORIENS, AVEZ-VOUS UNE ÂME POLITIQUE?
ACTE II
Les temps où l’œuvre d’art pouvait, dans son contenu même, se référer directement à une cause ou à un parti sont révolus. Aujourd’hui, par exemple, les pièces didactiques de Brecht sont lues (plutôt que jouées, d’ailleurs) comme des exercices de style et non comme des mots d’ordre politiques. À supposer qu’elles intéressent encore, elles valent par leur forme et non par leur message. Il est d’ailleurs significatif que Brecht, grand poète et grand metteur en scène, avoue dans son Journal de travail que faire du théâtre l’intéresse plus que se prononcer sur la marche du monde ou de son pays. Et il est tout aussi significatif que l’efficacité des œuvres d’art dans la modification de la conscience, puis de l’action des citoyens, ne puisse être mesurée. Cette efficacité est certainement proche de zéro – sauf à s’adresser à des convaincus, ce qui est une autre manière d’être inefficace. Il ne faut pas oublier que la consommation de l’art, si sincère qu’elle puisse être, remplit aussi une fonction cathartique qui atténue l’urgence d’une action.
Si l’on s’en tient au propos sartrien – et beaucoup d’artistes déclinant leur citoyenneté formulent une argumentation qui y ressemble –, on en conclura que l’art est engagé et politique, certes. Mais il sera difficile de trouver quelque chose qui ne le soit pas !
TO BE CONTINUED
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